03 octobre 2007

Plus belle la vie dans le ghetto du Mistral

Nous sommes plusieurs millions chaque soir à suivre les frasques de Rudy, Luna, Thomas et Roland, célèbres habitants du quartier marseillais du « Mistral » et héros du feuilleton Plus Belle la Vie.

De la midinette de 15 ans à la ménagère de moins de 50, tout le monde est fan de Plus Belle la Vie, et tout le monde rêve secrètement de poser un jour ses valises dans ce sympathique et chaleureux quartier phocéen du nom évocateur du « Mistral ». Pourquoi le Mistral ? Car finalement, chaque français aura au moins une fois dans sa vie entendu parler à la météo de mistral et tramontanes qui soufflent chaque été sur le sud de la France. Plus que l’OM, le savon, la Bonne Mère ou la Canebière, le mistral suggère Marseille. En nommant le quartier (mais aussi le bar principal) de ce nom, les producteurs de la série s’assurent que le téléspectateur puisse cibler le lieu et le contexte de la série en un clin d’œil. Un quartier tellement marseillais qu’un seul acteur, le brave Roland (voir le vaillant Malik) parle avec l'accent chantant et ensoleillé de la Provence. Bref, passons.

Devant votre petit écran, chacun d’entre vous fantasme à l’idée d’aller boire un coup au café de Roland, de se faire servir par la belle Mélanie ou de passer une nuit au « Select ». Les personnages nous apparaissent comme familiers, généreux et humains. Ils incarnent l’image de notre belle France, rurale mais moderne à la fois, accueillante et non discriminante, rustique et traditionnelle. Vous rêvez déjà de prendre possession d’une petite maisonnette non loin de la place centrale du Mistral, de vous lier d’amitié avec Ninon et Samia ou d’aller au lycée avec Nathan, bref, de participer pleinement à la vie paisible de ce quartier phocéen typiquement français que les touristes nous envient tant.

Pourtant, sous ses airs de quartier calme et tranquille, le « Mistral » cache un visage plus sombre, celui d’un quartier coupe gorge, probablement l’endroit le plus dangereux au monde. En un an de vie au « Mistral », 15 personnages du quartier sont décédés. Mais ils ne sont pas morts de la façon dont meurent 95% des français. Non, à chaque fois il s’agit d’une mort ultra violente (assassinat à l’arme blanche ou a feu, immolation par le feu, empoisonnement…). Les tristes élus se nomment Victor Castelli, Aude (auxiliaire de vie de Victor Castelli), Hélène Libourne, Henri Cantorel, Gauthier et Louise Amblin, Nicolas et Louis Barrel, Kamel Suni, Aurélie Jacquet, Patrice Cléry (alias Bob Grant), Mario Marini des M13, Léonard et Ornella Vassago et Jacques Maury. Si nous rapportons le nombre de morts à la population totale du quartier du Mistral (nous  estimerons ici le nombre d’habitants de ce petit quartier composé d’une placette, d’un bar et dans lequel tous les habitants se croisent et se connaissent à quelques centaines de personnes), on obtient un taux de criminalité nettement supérieur aux pires quartiers de Chicago, New York, Mexico et Johannesbourg réunis…

Vous l’aurez bien compris, l’espérance de vie d’un nouvel arrivant dans ce quartier (car le personnage décédé est dans 99% des cas un nouvel arrivant) n’excède pas les 30 jours. Et quand bien même vous arriveriez à survivre, vous risquez de terminer votre route en prison. Car au nombre de morts excessif dans le quartier, il faut aussi ajouter la dizaine de personnages par an qui iront croupir en prison. Une statistique éloquente qui a contraint la célèbre prison des Baumettes à ouvrir un quartier spécial pour les habitants du Mistral en son sein. Un quartier distinct dans lequel Fred (ami de Jean-Baptiste), Claire Amblin, Yves Barrel, Me Jean-François Bogaert, Samuel Tablanka, Lorraine Fournier, Arnaud Pia, Steevy Marlin (complice de Bob Grant) Alain Jacquet et Marco Cavallari vont rejoindre les Charles-Henri Picmal et autres bandits venus élire domicile dans le quartier du Mistral. Tous (sans exception) sont tombés en travers la route du Shérif du quartier, le redoutable Leo Castelli a qui rien n’échappe et qui fini toujours par retrouver la trace des méchants bandits.

En plus du risque grandissime de mourir violement ou de finir en prison, le quartier du Mistral présente un risque très élevé d’addiction (alcool, drogue), de déviance (vente de CD gravés, adultère, jeux sur internet) et autres maux tels que les amnésies, le coma, la séquestration, le dialogue avec des morts, les états seconds, la magie noir ou bien d’être victime d’un corbeau. Alors que le commun des mortels serait en état de choc devant tant de drames, les joyeux habitants du quartier croquent la vie à pleine dent et surprennent par leur capacité incroyable à gérer le deuil de leurs ex nouveaux meilleurs amis (ou amants).

S’installer au « Mistral » c’est aussi s’exposer au risque extrême d’être victime d’arnaques sentimentales, financières, à l’héritage, ou d’usurpation d’identité. Car là encore, un phénomène étrange tant à attirer les plus grandes crapules du monde vers ce microscopique quartier marseillais. A chaque fois, les honnêtes habitants du Mistral se retrouvent confrontés à de nouveaux arrivants animés par de mauvaises intentions. Et la leçon n’est jamais apprise, si bien qu’au lieu de se méfier des nouveaux venus qui débarquent sans réel motif, Mélanie, Ninon, Charlotte, Guillaume et les autres se montrent à chaque fois généreux au risque de se faire mener en bateau par ceux qu’il convient de nommer « les méchants ».

Mais ou est donc passée la bonne vieille épicerie tenue par Antoine Frémont qui égayait tant le quartier ? Ou est passée l’époque où l’intrigue tournait autour des histoires de cœur de la jeune Ninon ? Aux oubliettes assurément. Une période pas si lointaine mais qui présentait l’inconvénient majeur de n’attirer qu’une poignée de fidèles chaque soir à 20h20. Alors, dans un souci d’audience exacerbé, France 3 s’est lancé dans une entreprise de sensationnalisation de sa série au rythme d’un meurtre par mois. Et le résultat est au rendez-vous. Avec une audience frôlant les 20% chaque soir (devant le JT de France 2), Plus Belle la Vie s’est inscrit comme une série incontournable dans le paysage audiovisuel français. Alors même si la série s’en trouve dénaturée, France 3 a tout de même réussi son pari : Celui de vendre l’âme d’une série proche du quotidien des français pour en faire un mauvais remake de Julie Lescaut joué par des apprentis acteurs de série B, le tout, dans un souci extrême de profit. Alors si avec ça elle est pas « poubelle » la vie…

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Derrière une façade à l'apparence tranquille, le Mistral grouille de vilains bandits prêts à tout pour...embêter les gentils habitants du quartier

Posté par maxime1984 à 18:01 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Plus belle la vie dans le ghetto du Mistral

    Hum, Hum

    Arrête de regarder cette merde Mc Sim...

    Posté par oyé, 03 octobre 2007 à 18:24 | | Répondre
  • ptit clin d'oeil a ma sister lol bisous a vous 2

    Posté par cyncyn, 03 octobre 2007 à 18:37 | | Répondre
  • franchement trop bien ton article !!! moi je regarde tout le temps je suis peut etre naz pour certains mais au moins j'assume et ca me détend !!
    en tous cas tout ce que tu dis est vrai !! c'est trop marrant !! lol

    bisous

    Posté par amandine, 04 octobre 2007 à 11:04 | | Répondre
  • en réponse à oyé

    Des journaux, comme Télérama ou le Monde ont fait d'excellentes critiques de "Plus belle la vie"

    Posté par utinam, 05 octobre 2007 à 14:17 | | Répondre
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