18 octobre 2007

Bertrand Cantat est libre…ou pas

Minuit sonne et les alentours de la prison demeurent étonnements calmes, trop calmes même. Comme chaque soir, les matons montent la garde, se relayent à tour de rôle dans la pénombre. Dans la nuit noire, un détenu, à la fois excité et terrorisé pointe le bout de son nez. Discrètement, calmement il franchit les murs du pénitentiaire et retrouve sa liberté prise quelques années plus tôt.

Bien que de nombreuses similitudes le rattachent à Mickael Scoffield, Bertrand Cantat sort de prison légalement, par la grande porte et non en escaladant le mur. Pourtant, dehors, c’est le même acharnement médiatique qui s’abat sur sa tête.

Ce mardi 16 octobre 2007, Cantat quitte la prison de Muret près de Toulouse qu’il avait rejoint le 30 septembre 2004 en provenance de la prison de Vilnius en Lituanie.  Il retrouve la liberté. Conditionnelle, certes, mais liberté quand même. Mais, tout laisse à penser que ses prochains mois ne seront pas de tout repos. Devenu le prisonnier le plus célèbre de France (titre honorifique transmis comme un relais à Rolland Courbis…), Cantat va devoir batailler ferme pour obtenir un peu de tranquillité. La tranquillité ? C’est justement le mot que ne cesse de prononcer Denis Barthe - batteur du groupe Noir Désir et ami de Cantat - comme une requête aux médias qu’il clame avec le cœur, mais qui risque fort de rester lettre morte.

Ce mardi 16 octobre donc, il est un peu plus de minuit lorsque l’assassin de Marie Trintignant s’engouffre dans une berline noire encadré par des proches arrivés quelques minutes plus tôt dans l'enceinte pénitentiaire. Mais comme il l’aura probablement imaginé, ses amis ne sont pas les seuls à l’attendre sur le parvis de la maison d’arrêt. Une horde de journalistes scribouillards, de photographes paparazzis fusillent le chanteur de flashs et de questions toutes plus malvenues les unes que les autres. Ce soir là, Cantat parviendra à signifier sa non approbation par un signe de tête et file à l’anglaise. Mais pour combien de temps ?

Va-t-il parler de ce fameux soir de juillet 2003 lorsqu’il donna la mort à l’actrice Marie Trintignant ? Va-t-il reprendre la musique ? Est-il vrai qu’un nouvel album est déjà en construction ? A-t-il écrit des textes en prison ? Chantera-t-il son regret à celle qu’il aimait ? Autant de questions que ne cesseront de lui poser journalistes et anonymes dans les prochains mois, dans les prochaines années. Les français sont friands de ce genre de confessions croustillantes. Alors ? Cantat entrera-t-il dans le jeu ? Donnera-t-il du grain à moudre à la presse people ?

Quand bien même il le ferait, même s’il reprenait son métier et sortait un nouvel album, il ne pourrait empêcher les mauvaises plumes de fustiger ce retour comme un coup médiatique porté par sa désormais macabre célébrité.

Alors oui, Bertrand Cantat est physiquement libre, mais le véritable emprisonnement psychologique, le véritable harcèlement moral commence maintenant, à sa sortie de ce huis clos de 4 ans. Car comme le disait Jean-Paul Sartre, « l’enfer c’est les autres ».

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Bertrand Cantat sort de prison. Pour lui rendre hommage, les « Bleus » battent la Lituanie 2-0 quelques jours plus tard…

Posté par maxime1984 à 18:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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