28 octobre 2007

Bernard Lama, portrait d’un félin légendaire

Sur les plages de Guyane : naissance du plus brésilien des français

E

n improvisant des petits foots avec ses copains sur la plage de l’Anse Nado à Cayenne, Bernard Lama n’imaginait sûrement pas que l’une des plus grandes carrières du football français s’offrirait à lui. Et encore moins au poste de gardien de but. Décrit comme un bon technicien, agile et vif, Lama imitait ses idoles brésiliens voisins depuis sa Guyane presque natale (il est né en Métropole, à Saint-Symphorien sur Loire, ville aujourd’hui incorporée à la ville de Tours). « J’ai fantasmé sur le Brésil. Je voulais être Pelé et marquer des buts. J’ai donc pris ma première licence à l’USL. Je disais que je voulais devenir footballeur mais les gens n’y croyaient pas. Il faut dire que j’étais petit et gros à cette époque ». Pourtant, c’est bien au poste de gardien de but qu’il s’illustrera dans le petit club de ses débuts, l’USL Montjoly. Des performances de haut vol qui lui vaudront très vite une renommée locale, jusqu’à être sélectionné en équipe Cadets de Guyane pour une tournée en France métropolitaine. Plusieurs clubs tels que Lille, Lens ou Cannes le convoitent, et il est même sur le point de rejoindre le centre d’entraînement de l’INF Vichy, véritable référence de la formation à la française. Mais son père, le docteur Lama, également maire de la commune et président du club de Montjoly est réticent. Il préfère voir son fils rester à la maison jusqu’à sa majorité. « Il voulait que je passe mon BAC d’abord. J’ai pris mon mal en patience. La saison suivante (1980-81), on explose tout ! L’équipe est valeureuse, très soudée et je prends mon pied. Je deviens un peu l’attraction. Dans ma tête je suis prêt à faire le grand saut. Je recontacte Lille par l’intermédiaire de Charly Samoy qui m’avait rendu visite l’année précédente. Cette fois, je ne demande pas l’avis du paternel. Je pars sans son accord. C’est douloureux mais il fallait que je le fasse. J’étais programmé, il n’y avait rien d’autre que le foot qui comptait. Et je ne voulais pas que mon rêve s’échappe… »

Les débuts difficiles d’un enfant du soleil au pays de la grisaille

Ce n’est qu’à 18 ans que le jeune Bernard Lama s’arme de courage et se décide à franchir l’Atlantique pour venir tenter sa chance en métropole. Destination le froid, la grisaille et le crachin lillois. Difficile de connaître pire lorsqu’on arrive tout droit des plages dorées de sable fin non loin de Copa Cabana. Au pays des briques rouges, Lama peine à s’imposer, surtout lorsque la concurrence est faite de jeunes joueurs issus pour la majorité des centres de formations les plus prestigieux de l’hexagone mais aussi de deux gardiens confirmés que sont Philippe Bergeroo et Jean-Pierre Mottet. Lama lui n’a pas ce parcours, pas cette rigueur technique qui caractérise tous ces jeunes sortis par centaine chaque année des écoles de football. Mais Lama a mieux que cela. Un style propre à lui, tout en finesse et en élégance et surtout une volonté sans doute plus intense de percer au haut niveau.

Pour l’aguerrir, le club nordiste décide de le prêter en seconde division. D’abord à Abbeville en Picardie lors de la saison 1982/83 mais l’expérience sera un échec. Là où la majorité des jeunes footballeurs douteraient, Lama, lui, travail encore et encore en se persuadant que tout finira bien par payer un jour ou l’autre. Il est ensuite prêté à Besançon. Là, le jeune homme parvient à s’imposer dans un contexte délicat « Avec mon salaire de l’époque, 9 000 francs, je me paye une R5 Alpine. J’ai 20 ans, je suis encore un peu insouciant et je m’éclate enfin…». A son retour il décroche son premier contrat pro au LOSC puis devient titulaire en D1 la saison suivante en 1986. Pendant 3 ans, les fidèles de Grimonprez Jooris assisteront à la lente éclosion d’un gardien charismatique qui contribuera largement au maintien du club parmi l’élite chaque saison jusqu’à y devenir capitaine.

Metz puis Lens : L’avènement d’un talent hors norme

En 1989, à 26 ans, Lama est contraint de partir. En fin de contrat, blessé et peu apprécié de l’entraîneur belge Georges Heylens, il quitte le Nord pour rejoindre le FC Metz en pensant franchir un palier. Erreur. Il ne jouera que très peu malgré une belle fin de saison sous l’égide du nouvel entraîneur Joël Muller. Il quitte malgré tout le club et se retrouve même au chômage l’espace de quelques semaines. Il est sur le point de signer au Portugal ou en Ecosse lorsque la proposition du Stade Brestois lui arrive. C’est là qu’il prendra son réel envol. C’est là aussi qu’il se fera véritablement repérer par les recruteurs parisiens. Aux milieu de futurs grands joueurs tels que David Ginola, Stéphane Guivarc’h ou Corentin Martins, il impressionne dans une équipe finistérienne à la dérive financièrement qui déposera le bilan en fin de saison avant d’être rétrogradé. « Je deviens de plus en plus performant, je maîtrise davantage mon sujet. Je remporte le classement des étoiles de France Football et celui du Stop Goal de TF1 ». Lama est contraint au départ, une nouvelle fois. Le PSG qui prépare l’après Joël Bats lui fait rapidement signer un précontrat avant de le prêter à Lens pour qu’il confirme ses performances de haut vol, le temps que Joël Bats dise adieu au Parc des Princes. « C’est Charles Bietry qui a pris contact avec Pape Diouf, mon nouveau manager. J’accepte le défi car je sens qu’avec l’arrivée de Canal+, il va se passer un ''truc'' à Paris. En attendant de rejoindre la Capitale et pour laisser Joël Bats finir tranquillement sa carrière, je rejoins Lens le temps d’une saison ».

Retour dans le Nord, à Lens, dans un contexte qu’il connaît bien. Auteur d’une saison plus qu’aboutie (28 buts encaissés en 36 rencontres) avec un groupe essentiellement composé d’africain, il se sent véritablement à son aise (R.Boli, Bocandé, Adjovi-Bocco, Arsène…). Sa bonne saison lensoise va même avoir le mérite d’attirer les yeux de Bernard Tapie et de l’OM mais Lama reste fidèle au PSG. Les arguments parisiens sont plus forts, et c’est vers la capitale que Lama s’envole. « Au mois de mai, le jour de la catastrophe de Furiani me semble-t-il, Jean-Pierre Bernes et Pape Diouf viennent à la maison. Ils me proposent de signer à Marseille ! L’OM est prêt à me donner ce que je veux. Mais je ne veux pas travailler avec Bernard Tapie. Et puis, je n’aime pas leur discours à Marseille. C’est du genre : « T’as déjà signé un pré-contrat avec le PSG ! Mais on s’en fout des contrats ! » Je refuse sans la moindre hésitation. J’aurais eu une trajectoire sportive forcément différente mais je n’ai aucun regret. Je voulais débuter une nouvelle aventure et celle que me proposait le PSG me convenait parfaitement…»

Le PSG, l’Equipe de France : Lama sur le toit du monde

En 1992, c’est le grand tournant. Lama est, à presque 30 ans, le nouveau gardien du Paris Saint Germain en remplacement de Joël Bats qui devient entraîneur des gardiens, pour transmettre son savoir. Il signe pour 5 ans dans le club phare du moment, impulsé par son actionnaire Canal + qui ne rechigne pas sur les moyens financiers pour mettre le club de la capitale dans les meilleures dispositions. A l’âge où certains commencent à songer à leur après carrière, Lama lui n’est pas encore à l’apogée de la sienne. Les performances du club parisien vont faciliter son intégration et sa mise en lumière, si bien qu’il s’impose très rapidement comme le meilleur gardien français malgré quelques petites difficultés avec le public à son arrivée. « Je me souviens également de mon premier match au Parc des Princes, lors du tournoi de Paris. Lors de l’échauffement côté Boulogne, je me fait siffler car moi le black, je remplace Joël Bats, l’idole du Parc. Ce n’est pas évident mais dans ma tête je me dis : « ils finiront par te respecter… » C’est ce qui s’est produit. ». Ses arrêts spectaculaires dans un style particulier, son assurance dans les prises de balle aérienne pleines de souplesse et d’autorité, sa détente exceptionnelle forgée les pieds dans le sable en Guyane mais aussi son allure féline lui vaudront le surnom du « jaguar » ou du « chat » Il se construit une identité propre, par des équipements bariolés verts, jaunes et rouges. Lama est associé au PSG qui gagne, celui de Valdo, Ricardo, Ginola ou Le Guen. En Championnat comme Coupe d’Europe il se montre décisif. Et, chose unique, il trouve enfin la stabilité dans un club qui semble lui coller parfaitement à la peau.

Très rapidement et le plus logiquement du monde, il intègre l’Equipe de France de Gérard Houllier, moins de 6 mois après son arrivé au PSG, succédant ainsi à Bruno Martini. Il joue son premier match le 17 février 1993 à Tel-Aviv contre Israël (4-0) dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde 1993. Il sera aussi de la déception de novembre 93 contre la Bulgarie, assistant impuissant à la mise à mort de son ami brestois puis parisien David Ginola par le peuple français.

Champion de France 1993/94, vainqueur de plusieurs Coupe de France et de la Ligue puis plusieurs fois demi-finaliste de la Coupe d’Europe, Bernard Lama connaît le summum de sa carrière en 1996. Cette saison là, il ira avec le PSG gagner la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupes avec le brassard, et chutera de peu dans la course au titre devant l’AJ Auxerre de Guy Roux. Sur le plan international, il est titulaire dans les buts de l’Equipe de France qui ira chuter en demi-finale de l’Euro 96 en Angleterre contre la République Tchèque aux tirs aux buts. Une séance pendant laquelle il ne brillera pas par sa réussite, contrairement au quart de finale contre les Pays-Bas ou il stoppa plusieurs tentatives néerlandaises. S’il fallait encore une preuve de son talent, Bernard Lama venait là de la confirmer. Il s’impose comme l’un des meilleurs gardiens du monde et ne manque pas de susciter l’intérêt de géants européens comme le FC Barcelone. « A ce moment, j’ai envie de partir mais l’arrêt Bosman n’existe pas encore. Malgré quelques touches avec le Barça, les gardiens ne sont pas vraiment à la mode. Je reste donc au PSG ». Face a ces sollicitations, le club de la capitale a du user d’arguments de poids pour convaincre son gardien star de rester au club. Des arguments qui se sont montrés insuffisants en revanche pour la majeure partie des cadres qui composaient cette équipe parisienne. Ainsi, Valdo, Ricardo, Ginola, Weah puis Djorkaeff quittent le club tour à tour. Lama est avec Fournier, Guerin ou Le Guen le dernier témoin du PSG du début des années 90. Cette saison 96/97 marque le retour de Ricardo comme entraîneur. Le brésilien assisté de Joël Bats hissera le club de la capitale jusqu’en finale de la Coupe des Coupes contre le grand Barça de Ronaldo.

La chute, ou quand Lama se met en « pétard »

Mais cette saison sera aussi celle de la chute pour Bernard Lama. Auteur d’un bon début de championnat, sur la lignée de ses années passées, il se blesse sérieusement au genoux et doit manquer une bonne partie de la saison « Je réalise un début de saison canon. Je suis invaincu jusqu’à ce penalty que j’arrête à Cannes où je me pète le genou ». Si son suppléant Vincent Fernandez alternera le bon et le moins bon, le retour de Lama se fait attendre. En janvier 1997, alors qu’il effectue son grand retour, il est contrôlé positif à « l’acide cannabinoïque » quelques jours avant le France-Pays-Bas. Fumer un joint sera jugé comme un comportement dopant par les instances françaises qui décident de le suspendre de façon exemplaire.

Une sanction qui précipitera son départ du championnat de France puis du 11 type de l’équipe de France au profit de Fabien Barthez. C’est par la petite porte qu’il quitte le PSG en fin de saison pour laisser sa place au prometteur Christophe Revault. « A ce moment, j’entre en conflit avec le club car il ne me reste plus qu’un an de contrat. Ils recrutent Revault et ne sont pas corrects avec moi. Tout est ambigu à cette époque. Claude Le Roy arrive et je suis saturé de tout ça. » Sur de sa valeur, Lama se dit qu’il ne peut que rebondir à l’étranger. Mais après plusieurs contacts infructueux, il se retrouve sans club à l'entame de la saison 1997/98. En conflit ouvert avec ses dirigeants, il s’entraîne à l’écart du groupe professionnel le temps de trouver une solution. Une situation délicate pour celui qui était encore considéré comme l’un des tous meilleurs au monde à son poste il y a encore 2 ans. A bientôt 35 ans, il compte sérieusement être de la prochaine Coupe du Monde en France, son rêve ultime, lui qui en a été privé en 1994. Mais pour cela, il faut trouver un club, et vite. Dans cette optique, Lama accepte sans trop y réfléchir le challenge londonien de West Ham en décembre 1997 sans même avoir la garantie d’y être titulaire. « A cette époque, il n’est pas facile pour moi de trouver un club intéressant. Il y a certes le Real Madrid et les Glasgow Rangers qui se renseignent mais sans conviction. Il faut dire que ma suspension pour usage de cannabis et ma blessure me desservent. Les gens doutent de moi et je dois dire que de mon côté, je ne suis pas très rassuré ». Mais outre-Manche, l’aura de l’ancien gardien des « Bleus » compte pour du beurre. L’entraîneur des « Hammers » n’hésite pas à le reléguer sur le banc, parfois même comme troisième choix de ce modeste club anglais derrière Craig Forrest ! Qu’importe, Lama prend son mal en patience et se dit que sa chance va venir. Elle viendra. Juste à temps pour être appelé parmi les 22 bleus d’Aimé Jacquet qui disputeront le mondial. « Pour la première fois de ma carrière je ne pense pas trop au collectif. Je pense d’abord à moi et à la Coupe du Monde. Cela m’obsède car je sens qu’elle peut m’échapper. Au final, je réalise une dizaine de bons matches et trois mauvais ». Mais Lama perd définitivement sa place de titulaire en bleu au profit du monégasque Fabien Barthez. Cet été là, il sera sacré champion du Monde, sans avoir joué une rencontre. Il refuse d’ailleurs de jouer contre le Danemark lors du troisième match de poule sans véritable enjeu. « J’ai les boules. Je suis isolé et je ne me sens vraiment pas bien. Personne n’est là pour comprendre mon désarroi ou me réconforter. Bergeroo était proche de Fabien. Des joueurs ont également eu une influence sur ce choix. La compétition débute alors que je n’ai toujours pas digéré le truc. Je reste un peu dans mon coin, j’ai du mal à m’extérioriser. Aimé me propose de jouer le 3e match, sans enjeu, contre le Danemark. Mais je ne voulais pas me griller, pas griller Barthez, pas griller l’équipe. Je n’étais pas bien et Aimé l’a compris ».

Un retour capital à Paris malgré la crise

En fin de contrat à West Ham, Lama est une nouvelle fois libre sur le marché et ne croule toujours pas sous les propositions. Son tempérament décrit comme difficile et son étiquette de « gueulard » aura raisons des clubs les plus courageux. A l’aube de la saison 1998/99, après un bref intérêt de Tottenham et de Galatasaray, seul un club semble disposé à lui offrir un challenge intéressant : Le Paris Saint Germain bien sur ! Le club de la capitale qui se trouve dans une phase de transition après le départ de Michel Denisot (remplacé par Charles Bietry) semble vouloir tout bouleverser. Christophe Revaut n’a pas donné satisfaction et a quitté le club. Lama effectue son grand retour dans un PSG totalement remanié où les jeunes Didier Domi, Jérôme Leroy et Jimmy Algerino font figure d’anciens. C’est donc un PSG différent sur le plan de l’effectif que retrouve Lama, mais un PSG surtout différent sur le plan sportif. Car en 1999, le club de la capitale n’est plus la Formule 1 que Lama a quittée quelques années plus tôt. Non, désormais, le PSG va entrer dans « la crise » (qu’il traverse encore 10 ans après…) Trois entraîneurs se succèdent à la tête du club sans que la situation n’évolue. « Mais tout commence très mal. Marco Simone, qui est un homme de Denisot, fait la guerre avec Bietry. Le changement de présidence engendre beaucoup de problèmes. Une transition doit s'opérer mais cela ne prend pas. Alain Giresse est dégagé et Artur Jorge revient au bercail. Ça ne change rien. La dynamique est cassé et le groupe miné de l'intérieur ». Lama fait figure de taulier mais son message ne passe plus auprès de ses coéquipiers. S’il ne retrouve pas son niveau d’antan, Lama brille tout de même en championnat et parvient à figurer parmi les 23 bleus qui disputeront l’Euro 2000 victorieux. Encore une fois doublure de Barthez, il acceptera cette fois-ci de disputer le 3ème match de poule contre les Pays-Bas, la encore sans enjeu particulier.

L’après Coupe d’Europe marque la fin de carrière internationale de plusieurs cadres français tels que Laurent Blanc ou Didier Deschamps, mais pas Bernard Lama. Pourtant, de nombreux hommages lui seront rendus sans qu’il ait déclaré explicitement vouloir mettre un terme à sa carrière internationale, comme pour le pousser vers la sortie. Alors sans trop rien dire, Lama quitte l’Equipe de France après 43 sélections. « Après ce succès, on me pousse à quitter l’équipe de France, lors d’un match amical contre l’Angleterre, le 2 septembre 2000. Didier et Laurent prennent leur retraite internationale. Moi, je n’avais rien dit mais on ne me laisse pas le choix. Ce n’était pas méchant, juste un peu maladroit. J’ai pris le bouquet de fleurs, un petit trophée et hop, c’était terminé ! » L’Equipe de France mais aussi le Paris Saint Germain la saison suivante. Mais cette fois-ci, c’est par la grande porte qu’il s’en va. Cette saison là, le PSG de Philippe Bergeroo termine vice champion de France et finaliste de la Coupe de la Ligue. Pour sa dernière saison en rouge et bleu, Lama s’est montré décisif à de nombreuses reprises, comme au bon vieux temps. Il cède sa place à Dominique Casagrande mais surtout à Lionel Letizi, recruté pour la prometteuse campagne de Ligue des Champions en compagnie d’Anelka, Luccin ou Dalmat. « Je réalise une belle saison sur le plan personnel qui me permet de sortir sous une standing-ovation du public du Parc. Ce soir-là, je sais que l'aventure parisienne est définitivement terminée... »

A Rennes, le challenge de l’amitié

A 37 ans, Bernard Lama souhaite quitte la France et terminer sa carrière au Brésil, comme il l’avait toujours clamé haut et fort. Mais là encore, les clubs brésiliens ne se bousculent pas au portillon, forçant Lama à imaginer un plan B, celui de la retraite. Ce fut sans compter sur un ultime appel, celui de Paul Le Guen, vieil ami parisien désormais entraîneur du Stade Rennais. Le breton saura trouver les mots justes et convaincre le désormais ex international de tenter le challenge, le dernier de sa carrière. Une ultime saison 2000/01 lors de laquelle Lama brillera de mille feux pour dire adieu à la première division, ce championnat qui lui a tant donné mais aussi tant pris. Malgré l’intérêt de clubs anglais (Sunderland, Birmingham City et Manchester United), il décide de raccrocher définitivement les gants dans le courrant de l’année 2002. « Quelques semaines avant la fin de la saison, Manchester United veut m’engager pour les dix derniers matches. C’est l’époque où Barthez est en froid avec Ferguson. Je suis tenté mais je refuse car ils ne peuvent pas me promettre de jouer 50% des matches. Ma femme est sur le point d’accoucher et je ne veux pas casser notre équilibre. »

Le repos du félin. Et après ?

Jeune retraité dans la région brestoise, Lama prend le temps de mûrir sa réflexion quant à une éventuelle reconversion sportive. S’il s’investit dans de nombreux projets humanitaires et sociaux culturels (il est directeur du centre Diambars au Sénégal), il n’en oublie pas moins sa Guyane, région dans laquelle il dirigerait une entreprise de purification d’eau. Son nom a aussi été évoqué du côté du club réunionnais de l’AS Saint-Pierroise en 2002 pour un éventuel retour à la compétition. Lama a finalement

repoussé l’offre des dirigeants réunionnais, préférant finir de passer son Brevet d’Etat pour devenir entraîneur. Une nouvelle compétence d’entraîneur qu’il n’a d’ailleurs pas tardé à mettre en œuvre en étant nommé sélectionneur du Kenya en juillet 2006. Une aventure qui tourne court puisque l’intéressé démissionne trois mois plus tard, fustigeant le désordre général qui règne sur la fédération kenyane. “Je suis ici depuis un mois. Je ne travaille que pour la KFF, pas 24, mais 25 heures par jour. Est-ce que je dois faire ça bénévolement ? Ok, maintenant, c’est terminé !” avait lâché Lama avec la franchises qu’on lui connaît. Mais l’expérience lui fait comprendre qu’il aime ce rôle d’entraîneur et qu’il se verrait bien replonger si une opportunité s’offre à lui.

En parallèle à ces diverses activités, Lama est, à l’instar de nombreux anciens footballeurs, consultant médiatique, notamment sur Canal +, TPS ou l’Equipe.fr. Lama a aussi eu quelques prérogatives dans l’encadrement des sélections guyanaises, martiniquaises et guadeloupéennes lors des dernières Digiciel Cup et Gold Cup. Vous l’aurez donc compris, à 44 ans, Bernard Lama n’a pas encore choisi la direction qu’il prendrait dans son après foot. Véritable touche à tout, il apparaît aujourd’hui comme un spécialiste du football, ne manquant pas de donner son avis lorsque les médias le sollicitent. A l’instar de plusieurs anciens parisiens, il se murmure qu’il ne serait pas contre un 3ème retour au PSG, pour un poste dans l’encadrement. Les supporters eux n’attendent que ça.

Extrait du PSG70 Webzine N°18 - Novembre 2007

fotos

avec www.bernardlama.fr

Posté par maxime1984 à 10:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur Bernard Lama, portrait d’un félin légendaire

Nouveau commentaire