09 décembre 2007

L'autoflagelation du supporter parisien ou lorsque l'on tend l'autre joue

Il est 20h10. Dans une demie heure, le redoutable duo d’attaquants Loris Arnaud-David NGog va donner le coup d’envoi d’un Auxerre-PSG qui sent la poudre. Comme chaque week end, je suis tout excité, j’ai hâte d’y être. Je profite de cet avant match pour exprimer ce sentiment si particulier, cette sensation que je ressens uniquement avant les matches. Une sorte d’optimisme mêlé à une triste réalité. A la fois pressé, impatient et heureux d’assister, même à la radio à un match du PSG, le club que j’aime depuis tout jeune. Un enthousiasme qui me fait même oublier que nous sommes dimanche soir et que demain, une longue et éprouvante semaine va recommencer. Si je sais pertinemment que ce soir le club de mon cœur va encore s’incliner de façon pathétique, j’ai toujours cette petite lueur au plus profond de moi qui me fait espérer des lendemains meilleurs et à une réaction immédiate de nos joueurs. Malgré l’indigence du jeu déployé par le PSG depuis….ben depuis 10 ans en fait, mon optimisme est toujours là.

Samedi dernier, j’étais au Parc des Princes, contre Caen, pour assister à ce que j’espérerais être la première victoire du PSG à domicile en championnat cette saison.  Là aussi j’étais excité, impatient. Un sentiment multiplié par 10 du fait de ma présence dans l’antre de la porte de Saint-Cloud. Etant provincial, je n’ai pas la possibilité physique mais aussi financière de me rendre à chaque rencontre au stade. Ce stade que j’ai toujours adoré et dans lequel le moindre match vu dans ma jeunesse prenait la forme d’un rêve éveillé. Cette fois, point de rêve, mais une triste réalité froide et pluvieuse. C’était la première fois que j’assistais à une défaite du PSG au Parc. Au coup de sifflet final place à la déception, au dépit, a la rage et la révolte. Profondément triste, je me promets au fond de moi de lâcher du lest, d’être moins à fond pour un club qui finalement m’apporte plus de souffrance que de joie. Dégoûté d’avoir lâché 30€ dans ce piètre spectacle, je promets de ne plus me miner le moral pour des joueurs qui n’en valent finalement pas la peine.

Bien sur les jours qui suivent vont me confirmer dans mon sentiment de rage intense et de volonté de tout plaquer. Les médias, le traditionnel « chambrage du lundi matin » : tout est fait pour dégoûter définitivement le plus fervent supporter. Oui mais voila. Lorsque l’on est amoureux on ne peut s’empêcher de repenser à sa bien aimée, et on lui pardonne toujours tout. Alors je tenais à écrire ce papier a quelques minutes du coup d’envoi de ce qui va probablement ressembler une fois de plus à une mise a mort, lente et douloureuse d’un PSG malade, que dis-je, déjà cliniquement mort.

« Je te trouve de moins en moins énervé après chaque défaite du PSG, on dirait que tu es habitué » me lance à l’instant ma copine. C’est hélas vrai. La rage qui m’emplissait après chaque défaite a désormais laissé place à un profond dépit. Un peu comme un homme mourant qui refuse de se battre et qui attend le jugement dernier. Bien sur la métaphore peut paraître excessive. D’ailleurs, pourquoi me faire du mal pour ce PSG ? Après tout, je suis qui pour ce club ? Rien, si ce n’est un porte monnaie potentiel pour l’achat de produits dérivés.

Le philosophe Djibril Cissé répondant aux propos virulents d’un supporter qui lui criait « t’as intérêt a te bouger le cul » disait récemment : « Et sinon, qu’est ce que tu vas faire ? ». Et bien elle est là la question. Que faire ? Crever les pneus de l'une des Ferrari de Jérôme Rothen, siffler les joueurs sur le terrain, faire grève, boycotter les matches ? Tout a déjà été testé, et aucune solution n’est efficace. Car finalement, les joueurs n’ont aucun comptes à rendre aux supporters. Je n’ose pas croire qu’ils n’en ont rien a foutre, mais je ne pense pas qu’ils souffrent autant que nous de voir ce club sombrer peu à peu dans la médiocrité. Sont-ils eux aussi, à mon image, optimistes et combatifs avant d’entrer sur la pelouse ce soir ? J’en doute. Je doute qu’ils soient eux aussi victimes de ce que Gad Elmaleh nomme l’ascenseur émotionnel, c'est-à-dire le passage de sentiments joyeux et optimistes à ceux d’un profonde tristesse. Non, les joueurs iront voir ailleurs en fin de saison, et ce PSG ne sera alors plus qu'un lointain mauvais souvenir. Alors, si ma passion pour le PSG repousse chaque semaine comme les cheveux sur le crâne, j’ai bien peur qu’après une centaine de teintures, de permanentes et de défrisages, elle entre en phase de calvitie.

bites

Posté par maxime1984 à 20:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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