11 mars 2008

Rendez-moi mon instabilité !

8 Octobre 1998 : 8ème journée du championnat de Division 1, le RC Lens vient gagner 1-0 au Parc contre un PSG qui pointe désormais à la 8ème place. Entraîneur depuis le début de la saison, Alain Giresse est démis de ses fonctions. Le 22 décembre 1998, c’est au tour du président Charles Bietry d’être limogé par la direction de Canal + qui lui préfère son directeur général des finances, un ENArque nommé Laurent Perpère. Quelques mois plus tard, en mars 1999, le nouvel entraîneur, Artur Jorge est lui aussi remercié. Il pointe alors à la 12ème place.

Décembre 2000, 19ème journée du championnat de France de Ligue 1 2000/01, le PSG s’incline lourdement à Sedan et pointe à la 10ème place. Son entraîneur Philippe Bergeroo dont on dit que les joueurs l’ont lâché est limogé sans ménagement pour le plus grand soulagement des supporters qui ne voyaient plus en lui l’homme providentiel.

Juin 2003, nouveau coup de balai. Le président Laurent Perpère et l’entraîneur Luis Fernandez sont priés de quitter le club qui termine à la 11ème place. Malgré de gros moyens et un effectif de grande classe, aucun résultat à part une pauvre Coupe Intertoto n’est au rendez-vous.

8 Février 2005, le divorce est consommé entre Vahid Halilhodzic et ses joueurs qui refusent de partir pour une mise au vert en vue d’un match de coupe de France contre Bordeaux. Ils demandent à l’unisson le départ de leur entraîneur. Dans la journée, l’actionnaire Canal + va accéder à leur requête et licencier le technicien franco-bosniaque. Le PSG est 12ème. Trois mois presque jour pour jour après le départ de son entraîneur, Francis Graille est lui aussi licencié par l’actionnaire, provoquant ainsi la joie des supporters qui réclamaient sa tête depuis plusieurs mois. Son successeur se nomme Pierre Blayau.

27 Décembre 2005 : Après un match nul sur le terrain d’Ajaccio, Laurent Fournier est démis de ses fonctions malgré la 6ème place occupée par le club de la capitale. Son successeur se nomme: Guy Lacombe.

11 Avril 2006 : Canal + décide de vendre le club de la capitale. Son président cède ses fonctions à Alain Cayzac.

15 Janvier 2007 : Guy Lacombe est licencié. Le club pointe à une inquiétante 17ème place. De tous les avis, cette mise à l’écart de l’entraîneur parisien intervient trop tard, Alain Cayzac ayant décidé de « miser sur la stabilité ».

Le même jour, son successeur est nommé. Il s’agit de Paul Le Guen, légende des années 90 dont la venue est perçue comme idéale par les supporters.

8 Mars 2008 : 17ème a égalité de points avec le premier relégable, sans fond de jeu, sans envie, sans révolte, le PSG est amorphe et sombre toujours un peu plus dans la médiocrité. Le groupe semble plus que jamais dessoudé et désolidarisé de son entraîneur qui adopte un mutisme inquiétant vis-à-vis des médias et une mollesse déconcertante dans ses choix tactiques et humains. Sur cette saison, la majorité des clubs qui se sont trouvés à un moment ou un autre en position délicate (Metz, Marseille, Sochaux ou Lens) ont procédés à des remaniements au sein de leur équipe technique. A Paris, club pourtant réputé pour son instabilité, tout n’a jamais été aussi calme. A croire que le club est devenu plus serein au fil des mauvais résultats. Aucune décision, aucune mesure, aucun coup de poing sur la table de la part du président ou des actionnaires, aucune révolte des supporters ne semble intervenir. Le club se meurt dans la quasi indifférence générale. On compare souvent ce PSG 2007/08 au FC Nantes 2006/07, mais le club breton a pour lui d’avoir tenté de se sauver par des décisions fortes (remplacement de l’entraîneur, puis recrutement de joueurs de caractère comme Barthez). A Paris, on se laisse mourir en refusant le combat.

Oui, le PSG a toujours été un club instable et cette instabilité a été souvent décriée. Oui, il serait judicieux de s’inscrire dans la stabilité et la continuité, mais pas lorsque continuité rime avec médiocrité. Oui, il était difficile de construire un projet avec un entraîneur différent tous les six mois, mais ce changement avait au moins l’effet de donner ce qui est couramment appelé l’électrochoc à des joueurs trop gâtés.

Alors par pitié, rendez-moi mon PSG instable, rendez moi ces climats de crise. Rendez-moi ce PSG qui vivote entre la 5ème place et le ventre mou et rendez-moi ces supporters qui ont tant brillé jadis par leur esprit contestataire, souvent même à outrance.

Finalement, ce qui aura tué le PSG c’est son histoire. En ne voulant pas écorner la légende Paul Le Guen, en se montrant respectueux d’Alain Cayzac, président amoureux et passionné par le club, en approuvant un « projet sur le long terme » visant à dégraisser les gros salaires pour recruter en retour des joueurs moyens ou des jeunes surcotés, en espérant secrètement que la stabilité finirait par payer, nous avons tous contribués à tuer le PSG.

J’en appelle donc à tous, joueurs, entraîneur, président et actionnaires. Si vous avez un temps soit peu de cœur et de fierté, si vous ne voulez pas rendre malheureux trois millions de personnes en France dont beaucoup sont toujours restés fidèles, si vous ne voulez pas avoir la mention « a fait descendre le PSG » sur votre CV, faites en sorte de sauver ce monument du football français puis cassez vous, par pitié cassez vous tous loin d’un club dont vous souillez les couleurs.

mendybras

Posté par maxime1984 à 21:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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